Accueil » Voyage » Page 2

Catégorie : Voyage

Ile d’Oshima

Ile d’Oshima _ 11.09 > 14.09.2014

J’ai pris le bateau rapide de Tokyo pour l’üle d’Oshima, la plus grande Ăźle de l’archipel d’Izu dans l’ocĂ©an Pacifique. Son nom signifie « ßle du printemps Ă©ternel » en raison de la douceur de son climat.

Port de Tokyo
Ile Oshima

 

Oshima est connue pour son huile de camĂ©lia qu’on utilise comme l’huile d’olive, autant pour le corps et les cheveux que pour la cuisine. Avec 3 millions de camĂ©lias sur l’üle (Camellia Japonica), cette fleur est le symbole d’Oshima. Elle a mĂȘme un jardin botanique Tsubaki Camelia de 7 hectares avec 5000 camĂ©lias qui fleurissent entre janvier et mars. Je ne savais pas que l’huile de camĂ©lias que je m’étais procurĂ©e Ă  Kyoto en 2012 venait d’Oshima. Je l’avais achetĂ© aprĂšs avoir lu que les femmes l’utilisaient pour leur cheveux depuis la pĂ©riode Heian, surtout les geishas et les sumo.
Le costume national est à damiers noir et blanc avec un tablier sur lequel sont brodées des fleurs de camélias.

Les autres üles de l’archipel d’Izu sont :
Toshima « Île bĂ©nĂ©fique »
Niijima « Nouvelle Ăźle » nĂ©e en aoĂ»t 2014 et qui continue Ă  s’agrandir
Shikinejima 3,9 kmÂČ, 99 m)
Kƍzushima (ç„žæŽ„ćł¶?, « Île du port divin »
Miyakejima (䞉柅泶?, « Île des trois maisons »
Mikurajima (ćŸĄè””ćł¶?, « Île entrepĂŽt »
Hachijƍjima (ć…«äžˆćł¶?, « Île de huit jƍ »
Aogashima (é’ăƒ¶ćł¶?, « Île bleue »

En octobre 2013, un typhon a ravagĂ© l’üle causant des grands dĂ©gĂąts et faisant une cinquantaine de disparus.

J’ai dĂ©barquĂ© sur l’üle 1h45 plus tard dans le petit port d’Okata. Je suis rentrĂ©e Ă  l’office de tourisme et lĂ , stupeur, personne ne parlait anglais ! J’ai sorti la carte et j’ai montrĂ© que je souhaitais aller Ă  l’hĂŽtel avec onsen qui se trouve Ă  la base du volcan Mihara.

Île d’Oshima et son volcan Mihara au centre

Entre temps, arrive un Monsieur qui me parle tout en montrant son Ă©cusson en kanji. J’avais Ă  peu prĂšs compris que c’est lui le chauffeur qui emmĂšne les clients Ă  cet hĂŽtel lĂ . Je demande combien ça coĂ»te une chambre. Il sort un magazine, en kanji Ă©galement, et me demande si je prendrai le petit dĂ©jeuner et le dĂźner Ă  l’hĂŽtel. J’ai rĂ©pondu que ça dĂ©pendait du prix. Il me dit 9 000 Y/personne. Un peu cher vu notre budget restant mais que faire lorsqu’on ne se comprend pas et qu’on est sans voiture !

Avant de rentrer dans le bus, il me prend Ă  part et me note sur un papier 9000Y – 3000Y = 6000Y. Je lui demande c’est quoi les 3000Y ? Il me rĂ©pond : enjo ! Je cherche dans mon dictionnaire japonais-anglais et lĂ  je pĂąlis ! La traduction disait : support, backing ! Tout Ă  coup, me voilĂ  choquĂ©e ! Je me demandais, suis-je bien au Japon ? Certes, Oshima c’est une Ăźle, mais ce type me demande-t-il un pourboire et en Ă©change il baisse le prix de la chambre ? J’ai commencĂ© Ă  lui dire que je parlais peu japonais que je ne comprenais pas bien ce qu’il voulait dire
 tout en priant le bon Dieu que ce type ne me « roule » pas car jamais je n’aurais survĂ©cu Ă  une dĂ©ception venant d’un Japonais que je chĂ©ris justement pour leurs qualitĂ©s comme le respect, l’honnĂȘtetĂ©, la gĂ©nĂ©rositĂ©, la serviabilité .

Je monte dans le bus contrariĂ©e, j’arrive Ă  l’hĂŽtel et je vois un employĂ© occidental qui parlait parfaitement l’anglais et le japonais bien sĂ»r. On commence Ă  discuter puis il est tirĂ© Ă  part par ce chauffeur puis on me demande de m’assoir pour parler des prix puis je demande tout Ă  coup fĂąchĂ©e : « mais qu’est-ce qu’il nous veut ce Monsieur, depuis le port il nous colle ! » Et lĂ , il me rĂ©pond, il ne veut rien, juste vous proposer le meilleur prix, c’est le patron de l’hĂŽtel et des bateaux ! Et lĂ , je me suis sentie traversĂ©e par tant de sentiments confus : d’abord, la honte qui a fait place au grand soulagement et Ă  la reconnaissance.

L’hĂŽtel Oshima Onsen est isolĂ© Ă  une altitude de 500 mĂštres et offre une vue magnifique sur le volcan Miharayama, dont il est sĂ©parĂ© par une forĂȘt sur un plateau lĂ©gĂšrement en contrebas. On nous a offert une chambre japonaise spacieuse et sublime. Elle sentait bon la paille des tatamis.
L’architecture intĂ©rieure japonaise a, d’aprĂšs Maurice Pinguet « une triple vertu : cordialitĂ© de l’espace, discrĂ©tion des fonctions, sincĂ©ritĂ© de la matiĂšre et de la forme.
De mon onsen extĂ©rieur j’ai pu admirer le volcan.
Volcan Mihara

 

Volcan Mihara vu de mon onsen extérieur
Onsen extérieur

 

Jardin entourant l’onsen

 

Je flottais… de bonheur !

 

RestĂ©e dans l’onsen jusqu’Ă  la tombĂ©e de la nuit

La nourriture a Ă©tĂ© exquise ! Jamais, je n’ai mangĂ© aussi bien au Japon Ă  part les kaiseki Ă  Kyoto ! Au petit dĂ©jeuner nous avons eu un buffet Ă  volontĂ©. Le diner, c’était de la gastronomie pure !

J’y ai savourĂ© tant de spĂ©cialitĂ©s dont :
la fondue Ă  l’huile de camĂ©lia, brochettes de lĂ©gumes frits
tsubaki : des lĂ©gumes, homard et poissons prĂ©sentĂ©s sur des brochettes sont trempĂ©s dans de la pĂąte pour tempura et cuits directement dans un mĂ©lange d’huile de camĂ©lia et d’huile vĂ©gĂ©tale.
kusaya (sorte de poisson sĂ©chĂ© : poissons volants ou « aomuro » que l’on fait macĂ©rer dans la sauce « kusaya » – dont la recette est vieille de plus de cent ans – et que l’on fait ensuite sĂ©cher Ă  l’extĂ©rieur)
des sashimi qui fondaient dans la bouche
bu et mangĂ© de l’Ashitaba, une angĂ©lique (Angelica keiskei) qui de par ses nombreuses propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales assure la longĂ©vitĂ©. J’en ai consommĂ© malgrĂ© le goĂ»t de « pĂ©trole » que je n’affectionnais point, mais puisque c’est bon pour la santé  j’ai pincĂ© mon nez et hop tout est passĂ© !

1er diner
2Ăšme diner
3Ăšme diner

 

Le mont Miharayama un autre symbole de Oshima, est l’un des volcans actifs les plus grands du monde (avec Kilauea Ă  Hawaii et le Stromboli en Italy). Sa derniĂšre Ă©ruption date de novembre 1986 et tous les habitants de l’Ăźle ont dĂ» ĂȘtre Ă©vacuĂ©s. Culminant Ă  764 mĂštres, nous avons pu arriver Ă  son cratĂšre en une heure de marche. Par temps clair, il est possible d’apercevoir la cĂŽte de Honshu et mĂȘme le mont Fuji depuis le sommet.

GrĂące Ă  son parcours pĂ©destre j’ai pu traverser le dĂ©sert de « Ura-sabaku », vaste plateau constituĂ© de roches volcaniques noires qui crĂ©ent un paysage lunaire. Il m’a Ă©tĂ© facile de monter jusqu’au cratĂšre mais alors pour redescendre, quelle histoire ! N’ayant pas de chaussures adĂ©quates, je descendais Ă  1 km Ă  l’heure parfois avec les fesses, tellement mes baskets glissaient ! Sans parler du soleil qui m’a brĂ»lĂ©e pire que l’aurait fait la lave du volcan. Je n’étais pas randonneuse ni de passion ni de mĂ©tier et j’en ai payĂ© les consĂ©quences en ignorant les dangers : chaleur, dĂ©shydratation, animaux sauvages
 Nous avons mis 5h pour faire 9 km. Mais je ne regrette rien ! Le spectacle a Ă©tĂ© impressionnant : le volcan grondait de temps en temps et il expectorait des fumerolles non toxiques du moins ce qu’il Ă©tait indiquĂ©. Je me souviens d’avoir vu partout des appareils pour dĂ©tecter le moindre de ses soubresauts.

Le malheureux incident du mont Ontake (3067 m) qui, aprĂšs une Ă©ruption brutale le 27 septembre dernier, a tuĂ© plus de 55 randonneurs, prouve que malgrĂ© une technologie ultra perfectionnĂ©e, il est impossible de prĂ©dire, Ă©valuer ou localiser les sĂ©ismes. La nature surpasse l’homme et la science.

 

Le 2Ăšme cratĂšre

 

En bas, la mer bleue

 

En bas, la mer bleue

 

Mer et ciel se confondent

 

Au loin, une petite Ăźle

 

En bas, la mer

 

Sur le mont Mihara j’ai croisĂ© quelques randonneurs dont un vieux couple qui sĂ©journait au mĂȘme hĂŽtel que nous. La femme m’a posĂ© plein de questions. Ah, vous ĂȘtes Française, vous voulez un bonbon français ? et lĂ  elle m’a sorti des petits anisĂ©s, prenez aussi pour votre mari. Et lorsque je lui ai rĂ©pondu pourquoi j’adorais le Japon, elle s’est mise Ă  me chanter une chanson populaire Sakura. J’ai Ă©tĂ© Ă  la fois Ă©mue et fort embarrassĂ©e.

Et enfin, jamais je n’oublierai Takenaka san et son Ă©pouse ainsi que Shafir (mi-Ă©gyptien, mi-italien) pour leur accueil. Takenaka san nous a conduit jusqu’aux marches du bateau avec sa voiture et nous nous sommes quittĂ©s avec des larmes aux yeux lorsqu’il nous a saluĂ© de ses deux bras !

Retour vers Tokyo…


Hayama, péninsule de Miura _ 15.09 >16.09.2014

La petite ville de Hayama est connue pour sa plage et pour la villa impĂ©riale Hayama Goyotei oĂč la famille impĂ©riale sĂ©journe rĂ©guliĂšrement. La plage privĂ©e de l’Empereur, dĂ©nommĂ©e Tenno Beach est entourĂ©e de rochers qui la rendent discrĂšte.

D’ailleurs, la famille Ă©tait prĂ©sente et la police m’a interdit (de maniĂšre polie avec grands sourires, svp !) de prendre la moindre photo alors que mon regard a Ă©tĂ© attirĂ©e par la beautĂ© d’un pont. J’ai Ă©tĂ© trĂšs marquĂ©e par le civisme des policiers. PostĂ©s Ă  tous les coins de rues, tous vous saluent joyeusement et en premier dĂšs que vous les croisez. Fantastique tout de mĂȘme !

J’ai dormi au ryokan Taikaiso situĂ© juste en face de la plage de Chojagasaki. Un petit bijou, un havre de paix.

 

Ma terrasse

 

Vue de la terrasse

 

Je savais que d’ici je pouvais apercevoir Fuji san. Je ne voulais pas quitter le Japon sans le voir. Le ciel Ă©tait bleu et fort ensoleillĂ©. J’ai regardĂ© devant, au loin, mais rien Ă  l’horizon !

Dans la soirĂ©e, je suis retournĂ©e me promener sur la plage et j’ai remarquĂ© au loin des montagnes qui n’étaient pas visibles la journĂ©e. Je me suis dirigĂ©e vers un vieux pĂȘcheur pour lui demander : dans quelle direction chercher Fuji san. Il m’a regardĂ© avec Ă©tonnement et me l’a indiquĂ© avec son bras. Et lĂ , tout Ă  coup, je l’ai vu ! Juste le haut du cĂŽne mais cela m’a suffit de me remplir de joie. Je l’ai longuement regardĂ© et longtemps guettĂ© lors de mes va-et-vient sur la plage avec le grand espoir qu’il va finir par se dĂ©voiler un peu plus
 Mes les nuages et le brouillard provoquĂ© par la chaleur ne voulaient pas le « dĂ©vĂȘtir ».

Entre les pays de Kai et de Suruga se dresse haut le sommet du Mont Fuji.
Les nuages au ciel s’attardent dans leur course.
Les oiseaux mĂȘmes ne peuvent s’Ă©lever au-dessus.
Les feux qui brûlent, par ses neiges sont éteints et les neiges qui tombent, ses feux consument.
Je ne peux parler de lui.
Je ne peux lui donner un nom, à ce dieu mystérieux.
Extrait du Man’yƍshĆ« (recueil des dix mille feuilles), la plus ancienne (~760) anthologie de poĂ©sies japonaises

 


Dans ce ryokan le propriĂ©taire fait de la musique, il joue de la guitare et chante dans son salon lors des moments de solitude. Il est fort sympathique et sa fille adorable. Elle parle parfaitement français. Je lui ai demandĂ© pourquoi. Elle a rĂ©pondu parce qu’elle a toujours aimĂ© Sophie Marceau ! Chacun sa raison pour apprendre une langue Ă©trangĂšre. Lors de mon dĂ©part elle a couru pour m’offrir un cadeau : une pochette pour mouchoirs fait de ses mains et un timbre avec Murashiki Shikibu, la premiĂšre romanciĂšre universelle qui a Ă©crit Le dit de Genji. Elle a consultĂ© mon premier blog et appris que j’apprĂ©ciais cette femme ! Son pĂšre, m’a offert un teeshirt de l’hĂŽtel : un chat qui fait du surf sur la mer du Pacifique Ă  Hayama Bech
 lieu de prĂ©dilection des surfeurs. D’ailleurs, personne en bikini sur la plage ! Serait-il dĂ» au risque de tsunami indiquĂ© sur tous les poteaux Ă©lĂ©ctriques proche de la mer ? Sur chacun est indiquĂ© la hauteur que la vague puisse atteindre. Sur un d’eux Ă©tait indiquĂ© 10m ! Sueurs froides assurĂ©es ! Difficile d’imaginer le mal alors que la mer est si belle et paisible.

DerniĂšres photos Ă  Hayama en attendant le bus.

Tandis que j’Ă©tais Ă  Hayama, Ă  Tokyo a eu lieu un grand tremblement de terre de magnitude 5,6. Cette annĂ©e encore, j’ai Ă©chappĂ© de justesse Ă  une telle expĂ©rience.

Narita _ 16.09.2014

DĂšs que qu’on arrive Ă  Narita, ville proche de l’aĂ©roport, on sait que les vacances sont finis. J’ai quittĂ© le Japon le 17.09 Ă  10h30 et comme Ă  chaque fois, partir devient synonyme d’arrachement.

Mais, une fois arrivĂ©e chez moi, au fur et Ă  mesure que les crises de mĂ©lancolies s’espacent, je me console en pensant Ă  mes futures projets de voyages au Japon : Hokkaido, Kyushu et bien Ă©videmment Tokyo !

FĂȘtes de NoĂ«l et Nouvel An

du 24 déc 2013 au 2 janvier 2014

Ce 3Ăšme voyage au Japon a Ă©tĂ© exceptionnel car j’ai eu la chance de sĂ©journer durant une semaine chez des amis. Cela m’a permis de partager pour la premiĂšre fois le quotidien d’une famille japonaise. C’est chose rare au Japon et un signe important d’amitiĂ©. Ils m’ont accordĂ© toute leur attention et laissĂ© profiter de leur immensurable gĂ©nĂ©rositĂ©. 

J’ai atterri avec une joie colossale le jour de mon anniversaire le 24 dĂ©cembre 2013, Ă  9h45. J’allais rester chez mes amis pour la pĂ©riode des fĂȘtes de NoĂ«l et de Nouvel An. Me sachant assoiffĂ©e et passionnĂ©e par leurs us et coutumes, ils me les ont fait vivre intensĂ©ment autant sur le plan culinaire que religieux.

La veille, le 23 dĂ©cembre, le Japon a fĂȘtĂ© l’anniversaire de l’empereur actuel, Akihito tennĂŽ tanjĂŽbi.

NoĂ«l n’est pas particuliĂšrement fĂȘtĂ©, par contre le Nouvel An est l’un des Ă©vĂ©nements les plus importants de l’annĂ©e. Seule pĂ©riode oĂč tout le monde freine le travail pour les loisirs et qui permet Ă  tous de se rĂ©unir en famille.
De son cĂŽtĂ©, l’Empereur salue, le jour de l’An, le ciel et la terre, les montagnes, la constellation de l’annĂ©e et les quatre Dieux qui rĂ©sident dans les quatre directions.

 Le 31 dĂ©cembre, mes amis m’ont fat dĂ©couvrir les plats prĂ©parĂ©s spĂ©cialement pour le Nouvel An, l’osechi ryĂŽri, prĂ©sentĂ©s dans des sublimes boĂźtes bento superposĂ©es. Chaque aliment, exprime par son nom, un souhait de bonne santĂ© et de bonne fortune pour toute la famille. Ce qui m’a surpris, c’Ă©tait la poudre d’or dont on saupoudre les aliments et qui ne serait pas nocive pour la santĂ© ! Pour manger, on utilise des baguettes festives, les iwaibashi, dont les extrĂ©mitĂ©s sont pointues. Le choix de la vaisselle porcelaine ou cĂ©ramique de formes et couleurs variĂ©es, reflĂšte la saison. Le tout forme une vĂ©ritable oeuvre d’art !

Osechi ryĂŽri
 
AprĂšs le repas, un peu avant minuit, tout le monde se rend dans les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoĂŻstes pour prier hatsumĂŽde. On demande la bonne santĂ© et la joie de vivre durant la nouvelle annĂ©e. J’en ai fait l’expĂ©rience aprĂšs 40 mn d’attente dans une ambiance festive. L’un aprĂšs l’autre on montait dans la tour oĂč se trouvait l’Ă©norme cloche. Pour prier, il faut jeter une piĂšce dans la boĂźte en bois spĂ©cifique, sonner 1 fois la cloche, incliner la tĂȘte 2 fois en guise de remerciement, taper 2 fois dans le mains et incliner la tĂȘte une derniĂšre fois. Le son de celle-ci a retenti toute la nuit. A l’entendre sans relĂąche, elle a fini par m’envoĂ»ter.

Du tintement de la cloche
les ondes se confondent
avec la nuit sans fin
 
Shiki

FraĂźcheur de l’air

tintement de la cloche
qui de la cloche se détache 
Buson

Le 1er janvier, jour du ganjitsu (nouvel an), on a servi au petit dĂ©jeuner une soupe spĂ©ciale nommĂ©e o zĂŽni qui contenait des lĂ©gumes, des mochis (pĂąte de riz) et des scampis. Mais avant cela, nous avons trinquĂ© avec du sakĂ© (du vin de riz) Ă  la poudre d’or et avec le o toso, un sakĂ© macĂ©rĂ© aux clous de girofles et mandarines. Les deux se boivent que le 1er jour de l’an et ils sont censĂ©s nous protĂ©ger des maladies tout au long de l’annĂ©e. 
Au matin du 1er janvier, les Japonais envoient des cartes de voeux Ă  leurs proches, dont des collĂšgues de travail. La particularitĂ© de ces cartes, c’est que chacune porte un numĂ©ro, valable pour une grande loterie nationale de nouvel an. Je suppose que celui qui a bu plus de sakĂ© Ă  la poudre d’or le matin mĂȘme, a plus de chance de gagner ! 
Les dĂ©corations du Nouvel An sont spĂ©cifiques et souhaitent la bienvenue aux dieux au dĂ©but de l’annĂ©e. Il s’agit du kadomatsu (dĂ©posĂ© de part et d’autre de la porte d’entrĂ©e), du shimekazari (dĂ©posĂ© aux abords de l’entrĂ©e de la maison) et du kagamimochi (placĂ© dans l’alcĂŽve du salon, dans la cuisine ou ailleurs). Ce dernier est retirĂ© le 10 janvier, lors de la fĂȘte dĂ©nommĂ©e kagamibiraki, pour ĂȘtre partagĂ© et mangĂ© dans une soupe traditionnelle de haricots rouge azuki.
Kagamimochi

Une autre fĂȘte importante en janvier, a lieu le 2Ăšme lundi, seijin no hi le jour des nouveaux adultes, cĂ©lĂ©brĂ© que par ceux qui auront 20 ans dans l’annĂ©e Ă  venir. Cette fĂȘte invite Ă  prendre ses responsabilitĂ©s en tant qu’adulte.

Miyoshi – Nagoya

Miyoshi est une petite ville situĂ©e dans la prĂ©fecture d’Aichi. Elle a comme centre d’intĂ©rĂȘt deux temples dont Miyoshi-hachimansya (shinto) vĂȘtu de blanc, que j’ai affectionnĂ© particuliĂšrement.

Miyoshi-hachimansya(shinto)
Miyoshi-inarikaku(shinto)

Puis, un lac et une forĂȘt qui vante la prĂ©sence de plusieurs espĂšces d’oiseaux.

de quel arbre en fleur
je ne sais 
quel parfum
BashĂŽ
le rossignol
dans le bosquet de jeunes bambous
chante son vieil Ăąge
BashĂŽ

Les maisons sont trĂšs coquettes avec leurs jardins ou pots de fleurs et d’arbustes ! La nature est omniprĂ©sente mĂȘme dans les dĂ©tails les plus infimes.


A Miyoshi, on trouve par contre tout ce qu’il faut pour rĂ©galer les papilles : un Izakaya et un restaurant Ă  Teriyaki oĂč je peux me vanter d’avoir dĂźnĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’un chef yakuza et son chauffeur-garde de corps sans avoir des sueurs froides. (Pour cela, j’ai pensĂ© au cĂŽtĂ© heroĂŻ-comique des yakuzas dans les films de Kitano.)

Le grand avantage de cette bourgade est de se trouver à 40 mn en bus et métro de Nagoya, qui est la quatriÚme ville du Japon. 

Nagoya est Ă  la fois le royaume de l’empire Toyota, une ville administrative et un grand centre universitaire. Les rues Ă©tant comblĂ©es d’une belle jeunesse, elles dĂ©gagent une constante Ă©nergie. Son architecture contemporaine ne m’a pas laissĂ©e indiffĂ©rente. En dehors des immeubles rĂ©putĂ©s, j’ai remarquĂ© quelques merveilles : des petites maisons individuelles ultramodernes.


A voir ? A l’arrĂȘt de mĂ©tro de la gare de Nagoya, Lucent Tower et Spiral Towers. A l’arrĂȘt de mĂ©tro Sakae, l’incontournable Oasis 21. Sur son toit, il y a un plan d’eau autour duquel on peut se promener. 
Couloirs souterrains menant Ă  Lucent Tower
Spirale tower
Oasis 21
Tour radio et TV
Puis, Ă  l’arrĂȘt de mĂ©tro Osu Kannon, vous trouverez le temple bouddhiste du mĂȘme nom appartenant Ă  la secte Shingon. Il abrite une grande collection de livres parmi lesquels se trouve la plus ancienne copie manuscrite du cĂ©lĂšbre Kojiki qui dĂ©crit l’ancienne histoire mythologique du Japon. Il est situĂ© dans un quartier plein de charme. J’y ai dĂ©nichĂ© mĂȘme des cafĂ©s branchĂ©s
 dont la particularitĂ© est de ne pas commercialiser les boissons du pays. BiĂšres et thĂ©s japonais introuvables ! A retenir, une brocante a lieu tous les mois. On y trouve des trĂ©sors ! J’ai eu la chance d’y faire un tour le 28 dĂ©cembre et d’acheter quelques merveilleuses antiquitĂ©s : poteries, Ă©ventails

Brocante Osu Kannon

La neige a commencĂ© Ă  tomber, alors avec mon amie, nous nous sommes rĂ©fugiĂ©es dans un restaurant oĂč pour nous rĂ©chauffer nous avons commandĂ© une soupe de la rĂ©gion nommĂ©e Kishime. 

J’ai refusĂ© de visiter le chĂąteau de Nagoya, une des principales attractions touristiques, du fait qu’il a Ă©tĂ© reconstruit en bĂ©ton armĂ© en 1959. Certes, Ă  l’identique et sur le site d’origine oĂč le grand shogun Tokugawa Ieyasu (1543-1616) construisit le premier au XVII Ăšme siĂšcle. Toute la ville, dont le chĂąteau, a subi la destruction massive durant la seconde guerre mondiale.

Je me suis aventurĂ©e jusqu’au port. Je m’imaginais un port titanesque, surchargĂ© de bateaux, bruyant, monstrueux, angoissant… A la place, j’ai trouvĂ© un lieu paisible oĂč mĂȘme les chats du quartier viennent se prĂ©lasser au soleil. Et ils vous snobent en plus, les fripouilles  ! 

Neko, le chat rossard


Komaki – Tajimi – Magome – Tsumago – Inuyama

AprĂšs Miyoshi, j’ai Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©e chez les parents de mon amie Ă  Komaki, prĂ©fecture de Gifu, qui m’a permis de visiter le temple Kokeizan Eihoji Ă  Tajimi, puis les villages Magome et Tsumago.

le jardin en hiver
la lune telle un fil 
et quelques bruissements d’insectes
BashĂŽ
 
Vue du salon sur le jardin – maison de Komaki

 

Chambre Ă  tatamis dans la maison de Komaki

 

L’autel des ancĂȘtres Ă  Komaki

La maison de Miyoshi est contemporaine tout en restant de type japonais avec ses teintes blanches et beiges, sol en bois, portes coulissantes, grande terrasse Ă  l’Ă©tage et son petit jardin au rez-de-chaussĂ©e. Sans oublier sa salle de bain Ă  la japonaise avec douche et grande baignoire ultra-moderne  qui chauffe automatiquement l’eau de bain Ă  43°C et qui s’autonnetoie une fois vidĂ©e, son lave-linge dont le temps de lavage et la quantitĂ© d’eau utilisĂ©e dĂ©pend de la quantitĂ© de vĂȘtements introduits (Ă©tonnant, lavage possible uniquement Ă  l’eau froide !)

Celle de Komaki par contre, garde encore plus un cĂŽtĂ© traditionnel car les sols sont couverts de tatamis, les chambres n’ont pas de meubles, uniquement de « murs-armoires » fermĂ©s par des portes coulissantes, dans le salon : un canapĂ© et une kotatsu (table basse, Ă©quipĂ©e de chauffage Ă©lectrique placĂ© en-dessous et recouverte d’une couette pour se rĂ©chauffer les jambes). Une baignoire profonde et courte oĂč on s’accroupit, l’eau arrivant jusqu’au cou.

Dans les deux, j’ai dormi sur des futons. La nuit on arrĂȘte de chauffer les maisons. Celles-ci Ă©tant mal isolĂ©es au Japon, le chauffage central quasi-inexistants et le chauffage Ă©lectrique trop cher, la nuit le froid pĂ©nĂštre tout. NĂ©anmoins, le tapis de la chambre, le futon et la couverture sont Ă©lectriques et Ă  tempĂ©rature rĂ©glable.

 

un dĂźner famille Ă  Komaki sur la kotatsu
J’ai visitĂ© beaucoup de temples lors de mes voyages au Japon mais Kokeizan Eihoji, est un de ceux qui m’ont le plus marquĂ©e. EdifiĂ© en 1313, il appartient encore Ă  Nanzen-ji, une branche du bouddhisme zen Rinzai et il se compte ce jour parmi les TrĂ©sors Nationaux. 
En descendant la montagne Ă  travers une forĂȘt de bambous et autres spĂ©cimens, 

 

la bise d’hiver
se réfugie dans les bambous
et se calme
BashĂŽ
on tombe presque Ă  genoux devant cette merveille qui nous paraĂźt irrĂ©elle. On rentre brutalement dans une estampe et on se laisse capturer avec le dĂ©sir de ne plus devoir ressortir. Dommage que les photos n’arrivent pas reproduire les Ă©motions ressenties dans ce paysage de rĂȘve. Des moines vivent sur place. Comment ne pas les jalouser ?!
 
La cuisine des moines
tombe 
en reversant son eau
une fleur de camélia
BashĂŽ
Logements des moines
 
Le pĂšre de mon amie m’avait offert un Daruma, une figurine en bois modelĂ©e d’aprĂšs Bodhidharma. Cela m’a obligĂ© de faire un voeu et peindre un oeil en noir. Une fois le voeu rĂ©alisĂ©, on peint le deuxiĂšme oeil et on Ă©crit dessus la façon dont le vƓu a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©. Une maniĂšre d’apporter une rĂ©flexion sur la façon d’accomplir ce qui est dĂ©sirĂ© ! Si le voeu ne se rĂ©alise pas, on le renvoie au temple pour le brĂ»ler avant la fin de l’annĂ©e. Le rituel de destruction indique aux kami que « l’on n’a pas renoncĂ© Ă  son souhait mais que l’on cherchera d’autres moyens pour qu’il se rĂ©alise. » J’aurais dĂ» le laisser au temple car « prĂ©tentieuse » j’ai fait deux voeux au lieu d’un, Ă  moins que je puisse Ă©ventuellement lui rajouter un 3Ăšme oeil… au milieu du front !
 
 

Tsumago et Magome, deux villages situĂ©es dans la vallĂ©e de Kiso et datant de l’Ă©poque Edo  (ancienne Tokyo), sont les plus prĂ©servĂ©s du Japon. Ils se situent sur l’ancienne route Nakasendo, composĂ©s de 69 stations qui reliait la capitale Edo Ă  Kyoto. Le sankin-kotai, systĂšme de rĂ©sidence alternative exigeait que chaque daimyo envoie sa famille en reprĂ©sentation et partageait son temps entre le han et sa prĂ©sence Ă  Edo six mois par an. L’Ă©norme dĂ©pense gĂ©nĂ©rĂ©e par le sankin-kotai permettait au pouvoir central des nobles de renforcer les alliances et au shogun de s’assurer de la loyautĂ© des provinces, dont chaque famille pouvait devenir un otage.

Aujourd’hui, l’activitĂ© de ses villages est restĂ©e la mĂȘme : artisanat, auberges et salons de thĂ©. Les maisons sont Ă©troites et profondes car Ă  l’Ă©poque Edo, les impĂŽts sur les maisons Ă©taient calculĂ©s sur la longueur de la façade. Les forĂȘts de cyprĂšs de la vallĂ©e de Kiso servaient Ă  la construction de chĂąteaux, temples et sanctuaires. De ce fait, il Ă©tait interdit aux habitants d’abattre le moindre arbre. Celui qui ne dĂ©sobĂ©issait Ă  cette loi, Ă©tait condamnĂ© Ă  mort !

cimes des nuages
les voiles blanches au sud
formant un cortĂšge
Issa
alentour
dans tout ce que le regard croise
fraĂźcheur !
BashĂŽ
A Tsumago, j’ai visitĂ© une auberge secondaire de cette station Ă©tape, Waki-honjin Okuya transformĂ©e en musĂ©e. Celle-ci Ă©tait reliĂ©e Ă  une auberge principale honni. Les honni accueillaient uniquement les envoyĂ©s officiels du gouvernement. La particularitĂ© de cette auberge-ci est l’honneur qu’elle a eu d’hĂ©berger Ă  l’Ă©poque l’empereur Meiji et la la princesse Kazunomiya qui Ă©taient de passage.

 

«   de ma chambre Ă  l’entrĂ©e du passage couvert, je regarde le jardin, Ă  l’heure oĂč, dans le brouillard lĂ©ger du petit matin, la rosĂ©e tarde Ă  s’Ă©goutter,.. » 
extrait du Journal de Murasaki-shikibu
 
Bruit des branches
qui sous la neige craquent
la nuit s’Ă©paissit
Buson
 

La neige tombĂ©e Ă  Tsumago et Magome car situĂ©es en altitude, elle nous a empĂȘchĂ© d’arriver Ă  temps Ă  Inuyama pour visiter un des plus vieux chĂąteau de Japon, classĂ© TrĂ©sor National. Il fut bĂąti en 1537 par l’oncle d’Ode Nobunaga (le premier unificateur du Japon). Il trĂŽne majestueusement sur une butte d’oĂč on peut admirer la riviĂšre Kiso, le mont Ena et la plaine de Nobi. J’ai dĂ» me contenter d’une photo prise de nuit sans lune, sur la route de retour Ă  Komaki.
ChĂąteau d’Inuyama
« La nuit est profonde encore, la lune disparaĂźt dans les nuages et les tĂ©nĂšbres se rĂ©pandent sous les arbres,  »  extrait du Journal de Murasaki-shikibu
ChĂąteau d’Inuyama
les nuages de temps Ă  autre
accordent une pause 
Ă  ceux qui contemplent la lune
BashĂŽ

Autres vues, avant la tombée de la nuit, sur les sentiers de la colline qui mÚnent au chùteau.

Vue sur la ville Inuyama

Moments gourmands inoubliables !
Un restaurant Ă  Magome oĂč j’ai mangĂ© des soba froides au sarrasins pour la 1Ăšre fois. 
http://www.magomekan.co.jp/taste/26.html
J’y ai dĂ©couvert les hana-mame, des gigantesques haricots rouges rares, au goĂ»t sucrĂ© d’azukis (voir photos sur le site : http://www.mori-farm.com/1ingen.htm)
 
Restaurant Ă  Magome
A Komaki, j’ai goĂ»tĂ© la spĂ©cialitĂ© de la rĂ©gion, hitsumabushi, de l’anguille grillĂ©e sur des braises, dans un restaurant typique japonais trĂšs chaleureux, tout en bois.
http://honmaru.tamuro-gr.com/index.php?FrontPage
Saveur exquise ! La chair tendre du poisson grillĂ© fondait dans la bouche. Autre dĂ©couverte, le poivre japonais sanshyo, goĂ»t unique… dont j’en ai un peu abusĂ© !
Hitsumabushi
 

Osaka

du 2 au 3 janvier 2014

AprÚs avoir quitté mes amis, je suis allée à Osaka puis à Kyoto pour la 2Úme fois depuis 2012. 
Par la fenĂȘtre du shinkansen, j’ai photographiĂ© des paysages couverts de neige. 

désolation hivernale
dans le monde d’une seule couleur
la rumeur du vent
BashĂŽ
toi tu fais le feu
moi je vais chercher une chose sublime
une grosse boule de neige
BashĂŽ
L’hiver est venu ; il a dĂ©nudĂ© la montagne ; les feuilles des arbres tombent en pluie ; seul demeurĂ© vert, le pin triste sur les cimes.

Osaka est la 3Ăšme ville du Japon, aprĂšs Tokyo et Yokohama, une ville de commerçants grĂące Ă  son immense port. DĂšs le 16Ăšme siĂšcle elle s’est imposĂ©e comme le principal centre d’Ă©changes du Japon. D’ailleurs, Ă  Osaka on ne se salue pas avec Konnichiwa mais Mokari makka, littĂ©ralement : faites-vous de l’argent ? 

Osaka est reconnue pour sa production de riz, ses industries Ă©lectriques et automobiles. Mais aussi pour ses robots humanoĂŻdes inventĂ©s par l’illustre professeur Hiroshi Ishiguro.

A peine arrivĂ©e, je suis montĂ©e dans la fameuse tour Umeda Sky Building construite en 1993 par l’architecte Hara Hiroshi. Il a rĂ©unis deux tours de verre Ă  150 m par un jardin flottant. De lĂ , j’ai pu me rendre compte du gigantisme d’Osaka, sans oublier qu’elle comporte une ville souterraine toute aussi importante. 


Un nombre incroyable de ponts traversent la riviĂšre Yodogawa qui forment des nombreuses Ăźles avec ses ramifications.

Umeda Sky Building vu de ma fenĂȘtre d’hĂŽtel
Un parc au pied du building


Je n’osais pas imaginer Tokyo ! Je me sentais minuscule et insignifiante. Une fois redescendue sur terre, je me suis sentie oppressĂ©e par une foule dense malgrĂ© qu’elle aie Ă©tĂ© disciplinĂ©e. C’est une ville impressionnante, Ă©crasante, Ă©puisante et bruyante car pleine de vie. Elle aime la bonne chair et les sorties, elle ne dort jamais !

Osaka, la nuit, s’habille de lumiĂšres. Une musique vous berce avec des sons Ă©lectroniques « inter-galactiques ». La nuit, l’ambiance zen rĂšgne dans ce quartier proche de la gare.

Les habitants d’Osaka ont le tempĂ©rament mĂ©diterranĂ©en et leur dialecte osaka-ben est plein de verve. J’ai pu le constater surtout dans le quartier Dotonbori qui comporte une riviĂšre du mĂȘme nom et une grande concentration de restaurants oĂč l’on sert ses spĂ©cialitĂ©s comme crabes, poissons globes, tempura, nabe (fondu), kushi-age (brochettes grillĂ©es), robotoyaki (barbecue). Osaka serait la ville de l’innovation culinaire.
 

Dontonbori
DrÎle de vélo !
Un sapin

Kyoto

du 3 au 6 janvier 2014


mĂȘme Ă  Kyoto
je me languis de Kyoyo
quand j’entends le couco
u 

BashĂŽ


Si heureuse de quitter Osaka pour la douce Kyoto, mon havre de paix oĂč je rĂȘve de vivre. J’ai appris cette fois-ci qu’elle est jumelĂ©e avec Florence, une autre capitale de l’art que j’affectionne. Tandis que Florence sculpte le marbre, Kyoto « sculpte » les jardins !

Toujours aussi resplendissante avec ses montagnes boisĂ©es qui l’entourent, sa « riviĂšre aux canards » Kamo, ses jardins secs ou vĂ©gĂ©tales, ses temples, ses objets d’art omniprĂ©sents… D’ailleurs ses derniers prennent comme sujet les saisons, les oiseaux, les arbres, les feuilles, les fleurs, les sentiers dans la mousse, les vagues, la brume, … Bref, la nature dans toute sa splendeur mais rarement l’homme.

« Il y a sur notre planĂšte certains lieux choisis par le ciel pour qu’au long des siĂšcles y coulent les sources de la beautĂ©, de l’art, de l’esprit. La magie et la gĂ©omancie assuraient cela, il y a trĂšs longtemps, au Japon et ailleurs. Kyoto fait partie de ces lieux. » 

extrait d’Aventure Japon de Robert Guillain

Je suis retournĂ©e Ă  l’hĂŽtel Palace Side situĂ© en face du Palais ImpĂ©rial. J’ai Ă©tĂ© surprise que l’on se soit rappelĂ© de moi aprĂšs 2 ans d’absence ! 
http://www.palacesidehotel.co.jp/english/fr-top-en.html

La chambre n’Ă©tant pas prĂȘte, j’ai fait des courses et j’ai pique-niquĂ© sur un banc au soleil dans le parc
Kyoto Gyoen qui entoure le Palais ImpĂ©rial. J’ai Ă©tĂ© envahie par la sĂ©rĂ©nitĂ© rien qu’Ă  la vue de la luxuriante vĂ©gĂ©tation : arbres, camĂ©lias en fleurs,
 J’ai Ă©tĂ© surprise de voir si tĂŽt fleuri un jeune et frĂȘle cerisier. 

les voyageurs auront
encore froid au nez
boutons de cerisiers
 
Buson
quand le jardin
fut balayé de frais
tombÚrent des fleurs de camélia
 

Yaha

 

au pied du pin
teinte violet pĂąle
des pensées en fleur
s

Shiki
collée sur un champignon
une feuille
d’on ne sait quel arbre

 BashÎ
 Pour connaĂźtre le moindre recoin de ce parc de plusieurs hectares, il me faudra revenir une troisiĂšme fois. Cette annĂ©e il m’a dĂ©voilĂ© un minuscule temple bouddhiste plein de charme au bord d’un infime Ă©tang.
Ă©tincellent
les jeunes feuilles, les feuilles vertes
dans la lumiĂšre du soleil
 
BashĂŽ

 

Puis, un autre temple plus loin…
« Kyoto est la ville oĂč le prĂ©sent et le passĂ© se confondent. » 
Aventure Japon par Robert Guillain 
Lors de ce 2Ăšme sĂ©jour Ă  Kyoto, pour seulement 3 jours, je n’ai pas enchaĂźnĂ© les sites Ă  visiter. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© flĂąner dans les quartiers et vivre la vie de tous les jours. Kyoto est riches en secrets impĂ©nĂ©trables mais aussi en merveilles apparentes. L’aprĂšs-midi, j’ai explorĂ© le secteur proche carrefour rue Kawaramachi/Sanjo. Un quartier attrayant traversĂ© par un petit canal.  J’ai continuĂ© par une balade enchanteresse au long de la riviĂšre Kamo.

 

Un héron insouciant
Une maison de ville idéale
Le soir, je m’Ă©tais empressĂ©e de retrouver le quartier de Gion et dĂźner dans l’Izakaya Kisui que j’aie eu la chance de dĂ©couvrir au printemps 2012 et passer 2 soirĂ©es inoubliables. Il est tenu par Setchan et Risa san, deux filles adorables et pleines d’Ă©nergie positive. J’ai Ă©tĂ© accueillie comme si je n’Ă©tais jamais partie ! Chose exceptionnelle, Ă  peine rentrĂ©e Risa m’a appelĂ© par mon prĂ©nom ! Quelle mĂ©moire ! Cela m’a profondĂ©ment touchĂ©e.

 

AprĂšs le dĂźner, j’ai fait une promenade nocturne dans quelques unes de ses ruelles, toutes Ă©clairĂ©es aux lampions, dont Ponto-chĂŽ et la cĂ©lĂšbre Miyagawa-chĂŽ oĂč l’on peut admirer, entre autres et seulement de l’extĂ©rieur, les typiques salons de thĂ© pour geishas (geikos Ă  Kyoto). 

« …les geishas, femmes cultivĂ©es, musiciennes et danseuses, fleurissaient les soirĂ©es d’un sommet de fĂ©minitĂ©. Il fallait de nombreuses qualitĂ©s pour exercer ce mĂ©tier et certains dames le pratiquaient jusqu’Ă  un Ăąge avancĂ©. L’art de la rĂ©partie, de la parure, la grĂące du geste, l’intuition de la mĂ©lodie se moquent des rides. » extrait du livre « Kyoto, avant-goĂ»t » d’Eve Calingaert, Ă©dition Tandem.

 

Le lendemain matin, pris le bus pour le Mont Takao, impatiente de visiter le temple Kozan-ji qui a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© par le moine Myoe (1173-1232) dans une forĂȘt dense de cĂšdres droits et majestueux. Elle abrite la plus vieille plantation du thĂ© du Japon.

Maisons perchĂ©es sur la montagne dans des paysages mystĂ©rieux et singuliers, voici quelques « bribes » de la traversĂ©e du village jusqu’au site du temple.

L’entrĂ©e sur le site du temple Kozan-ji.

 

Dans un meuble sont exposĂ©s « les rouleaux des animaux et humains se divertissant » Choju Jim-butsu Giga attribuĂ©s Ă  l’artiste moine Toba SĂŽjo (1053-1140). Une oeuvre satirique classĂ©e trĂ©sor national. Ce moine est le prĂ©curseur du manga !

 

 « Sous les ronciers bas, la blette joue de la flûte, le singe danse sans grùce, le criquet bas la mesure. Le doux son du grillon qui joue du tambour et de la cymbales. » Go-Shirakawa

 

La place idéale pour méditer
Tokonoma

Dans la forĂȘt profonde et infinie, la lumiĂšre et la vĂ©gĂ©tation sĂ©culaire rendaient l’ambiance Ă©trange. J’ai fini par croire aux kamis (esprits semi-divins prĂ©sents dans toutes les formes et forces de la nature). Je sentais leur prĂ©sence, comme s’ils Ă©piaient le moindre de mes pas. Bienheureuse et.. confiante, je leur faisais du charme en gardant mon sourire aux lĂšvres !

AprĂšs les quelques heures de marche, retour en bus Ă  Kyoto direction marchĂ© Nishiki, pour le plaisir des yeux et le bonheur des papilles. Lieu idĂ©al pour dĂ©couvrir la culture gastronomie de Kyoto. J’ai fait plein d’Ă©nergie !

 

Une anecdote !
Je garderai en mĂ©moire comme incident, une vendeuse du grand magasin Daimaru qui a refusĂ© de me vendre la derniĂšre boĂźte Ă  bijoux. Pourquoi ? Parce qu’elle avait un dĂ©faut insignifiant : un minuscule point qu’elle a tenu me montrer Ă  la loupe ! J’ai essayĂ© de traiter mĂȘme avec la directrice de rayon, mais impossible de les convaincre de me la vendre, ni en japonais ni en anglais ni en pleurnichant ! D’aprĂšs leurs rĂšgles, aucun produit « endommagé » ne doit sortir du magasin, qu’il soit soldĂ© ou pas !
Aussi, Je n’oublierai jamais les rayons Ă©piceries du rez-de-chaussĂ©e du magasin ! Que des exclamations : Sugoi ! Mot que les Japonais emploie pour dire que c’est magnifique.

Moments gourmands ineffaçables !
Le plus vieux salon à thé de Kyoto, Ippodo. On y trouve les meilleurs qualités de ce breuvage sacré.

Un restaurant oĂč un ami venu de Tokyo m’a invitĂ©e : www.sakontaro.co.jp/ouka/
J’ai Ă©tĂ© charmĂ©e par ce lieu qui comporte des petites piĂšces privĂ©es Ă  la japonaise, avec tatamis et table basse, pour ceux qui souhaitent avoir le calme ou l’intimitĂ©. La serveuse, en kimono, s’agenouille pour ouvrir les fusamas, portes coulissantes opaques. J’avais l’impression de me trouver dans une scĂšne d’un film d’Ozu.

L’entrĂ©e du restaurant
Un des 7 plats

Puis, un autre restaurant kaiseki hautement gastronomiques proche de l’hĂŽtel. EN, situĂ© en retrait sur Karasuma oike au n° 589. Il est discret et petit (que 6 places), tenu par le grand chef Suzuki san. Tout a Ă©tĂ© d’un raffinement extrĂȘme : l’intĂ©rieur et ses meubles, la vaisselle artisanale de Kyoto… Ici,  on vous prĂ©sente un plateau avec des sublimes coupelles de sakĂ© et on vous invite Ă  choisir celle dans laquelle vous souhaitez ĂȘtre servi. Choix difficile Ă  faire ! Le menu s’est composĂ© de limaces, oeufs de poissons, diverses soupes dont la spĂ©cialitĂ© de Kyoto aux mochis, poissons, boeuf, riz,…Et comme dessert un kaki fourrĂ© aux azukis.

Le grand Chef, SUZUKI san

 

Coupelles pour saké
Quelques uns de mes 9 ou 13 plats :
Kaki fourré aux azukis

Insolite !
L’esthĂ©tique s’impose mĂȘme aux plaques d’Ă©gouts ! Une plus originale que l’autre !

KANSAI

DerniĂšre promenade nocturne Ă  Kyoto, lundi 6 janvier.

Un soir de lune Ă  Pontocho :
Sur les stores de bambous des fraĂźches
VĂ©randas
Les ombres accueillantes des lanternes
De papier.
extrait d’un kouta de Pontocho 
(petite chanson poétique chantée par des geishas)

Gare de Kyoto, train direction Kansai. Vol retour mardi 7 janvier, Ă  midi.

Mon départ de Kyoto
Solitaire.
Cachant mes larmes,
A la fenĂȘtre du train,
Oh, s’il vous plaĂźt,
Qu’on m’apporte une tasse de thĂ©.
kouta Ă©crit par l’Ă©crivain Izumi Kyoka

 
J’ai quittĂ© le Japon avec le mĂȘme dĂ©sir d’y retourner, encore et encore, inlassablement, passionnĂ©ment ! Avide de dĂ©couvrir d’autres lieux et pĂ©nĂ©trer le plus possible dans le Japon profond.

Je resterai Ă©ternellement attirĂ©e par ce peuple pour sa gaietĂ© et son amabilitĂ© qui se traduit par gentillesse, politesse, complaisance, bienveillance, sympathie… puis, indĂ©finiment amoureuse de ses rivages et montagnes, de son patrimoine culinaire, de ses traditions esthĂ©tiques, spirituelles et folkloriques… en bref, de toute la culture japonaise qui atteint un esthĂ©tisme Ă©picurien d’un extrĂȘme raffinement.

Avant le dĂ©part…

2Ăšme voyage au Japon… du 29 avril au 12 mai 2013

En conclusion de mon blog, Ă©crit suite Ă  mon premier voyage au Japon en 2012, j’ai citĂ© l’orientaliste italien Fosco Maraini :

« Le Japon a le pouvoir magique d’ensorceler pour toujours celui qui l’a aimĂ©e une fois. » 

Le deuxiĂšme voyage que j’ai effectuĂ© cette annĂ©e 2013, du 29 avril au 12 mai, confirme ses paroles. Mon rĂȘve est d’arriver Ă  explorer tout le Japon sur une durĂ©e de 5 ans.

Ce printemps, j’ai commencĂ© par Amanohashidate, un des trois joyaux rĂ©putĂ©s de l’archipel, qui depuis toujours a subjuguĂ© tant d’artistes.
Puis, j’ai fait le tour de la mer IntĂ©rieure de Seto, une manche d’eau coincĂ©e entre les trois grandes Ăźles d’Honshu, de Kyushu et de Shikoku.

Hiroshige – Province de Tango – Amanohashidate
Sesshu – Vue d’Amanohashidate


Pour résumer mon circuit :
Amanohashidate – Kurashiki – Takamatsu – Ăźle de Naoshima – Kotohira – Matsuyama – Uchiko – Hiroshima – Miyajima – Onomichi/Ăźle de Mukaishima.

AMANOHASHIDATE

lundi 29 avril 2013 *** AMANOHASHIDATE

 
Amanohashidate est une petite ville tranquille de pĂȘcheurs situĂ©e sur la baie de Miyazu au Nord de la prĂ©fecture de Kyoto. Son nom signifie « passerelle cĂ©leste » ou « le pont du ciel » dĂ» Ă  un banc de sable qui relie les deux baies. Je tenais absolument Ă  visiter ce lieu, considĂ©rĂ© comme l’une des trois vues les plus fascinantes du Japon.

La dune (L  3,6 km, l 40 Ă  100 m) est couverte d’environ 7 000 « pins divins » qu’on peut traverser Ă  pied.  Pour voir le « pont qui traverse le ciel », il faut monter en tĂ©lĂ©phĂ©rique sur la cime de la montagne, lui tourner le dos, se plier en avant et regarder entre les jambes. Vous aurez l’impression que le pont flotte. Pas une seule personne ne se dĂ©tourne de cette coutume !


Au Japon, dans la religion shinto, la nature a une Ăąme et les arbres sont habitĂ©s par les kamis, esprits de la nature dĂ©ifiĂ©s. Les Japonais respectent et craignent la nature. Ils portent entre autres un amour particulier aux arbres au point qu’avant d’en abattre, le bĂ»cheron fait toujours une priĂšre pour demander la permission de le faire et Ă  la fois demander le pardon.  Pour comprendre leur intĂ©rĂȘt et admiration pour la nature, prenons ici l’exemple du pin. Ils Ă©tudient tout ce que manifeste la simplicitĂ© et l’Ă©quilibre naturel du pin : ils admirent la maniĂšre dont une touffe d’aiguilles est fixĂ©e sur sur une branche, le rapport de cette branche aux proportions de l’arbre, la façon dont ses racines l’ancrent dans le sol… Ils portent un regard aiguisĂ© et profond, et non pas superficiel.

Le pin vit mille an
Le petit liseron du matin une journée seulement
Mais tous deux jouent leur rĂŽle

PoĂšme zen anonyme

J’ai dormi dans le Ryokan Kawajiri, situĂ© sur la baie opposĂ©e Ă  la gare. On peut s’y rendre en bateau ou en bus. Il est mignon, bien calme et les propriĂ©taires adorables. Par contre ici, on parle uniquement le japonais. J’ai Ă©tĂ© impatiente de retrouver le minimalisme et la douceur d’une chambre traditionnelle japonaise, ainsi que le bain japonais, ofuro. Celui-ci donnait sur un petit jardin intĂ©rieur. Une fois dans l’eau, une paix intĂ©rieure m’a subitement envahi.

L’Ă©crivain Saul Bellow, la premiĂšre fois qu’il a dormi dans un ryokan, le prestigieux Tawaraya Ă  Kyoto, il a Ă©crit dans le livre des hĂŽtes : « Je trouvais ici ce que j’avais espĂ©rĂ© du Japon : l’Ă©quilibre, la paix et l’harmonie de l’homme. »

A peine bagages dĂ©posĂ©s, je suis vite ressortie pour tout explorer. J’ai commencĂ© par le  temple bouddhiste Chionji. 

Ma dĂ©ception fut grande lorsque le temps d’arriver sur le haut de la montagne en tĂ©lĂ©phĂ©rique, le soleil a disparu. Mais ma dĂ©solation s’est vite dissipĂ©e car j’ai pu dĂ©couvrir une lumiĂšre Ă©tonnante,  du jamais vu ailleurs :« laiteuse » (mi brumeuse, mi nuageuse). Effectivement, la vue sur la baie est impressionnante. 

Une fois redescendue j’ai fait des courses pour mon pique-nique en bord de mer oĂč je suis restĂ©e jusqu’Ă  la tombĂ©e de la nuit Ă  contempler les paysages et les bateaux au loin. Moments de pur bonheur inoubliables.

 

La nuit, le sommeil a Ă©tĂ© lĂ©ger Ă  cause du dĂ©calage horaire (jisaboke). Vers 5h du matin, j’ai Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e par une tempĂȘte violente et le bruit moteur des bateaux de pĂȘche.

Ma fenĂȘtre avec vue sur la mer : lumiĂšre Ă  5h du matin
Ma fenĂȘtre avec vue sur la mer : lumiĂšre Ă  8h du matin


Avant de quitter Amanohashidate, j’ai pris le ferry pour faire une ballade sur la dune. Une promenade plus qu’agrĂ©able sous les pins Ă©poustouflants de beautĂ©. J’ai voulu tout capter avec mon appareil photo. J’ai pris beaucoup de clichĂ©s genre carte postale, tellement le paysage est parfait. Aussi, impossible d’oublier leur odeur entĂȘtante qui me poursuit encore.

Sur la dune…

KURASHIKI

mardi 30 avril 2013 *** KURASHIKI

 
Pris le train direction Kurashiki, une petite ville proche d’Okayama, un ancien port actif pour le commerce du riz Ă  l’Ă©poque seigneuriale qui a Ă©tĂ© administrĂ© directement par le shogunat Tokugawa d’Edo (Tokyo). Ici a vĂ©cu le cĂ©lĂšbre Yasushi InouĂ© qui a Ă©crit entre autres le MaĂźtre de thĂ©. Et actuellement vit Yoko Ogawa, une fameuse romanciĂšre contemporaine.

Pour y arriver, j’ai dĂ» changer 3 fois de train : Amanohashidate – Fukuchiyama – Shin-Osaka – Okayama- Kurashiki. NĂ©anmoins j’ai pris le shinkansen pour la 1Ăšre fois et je me suis sentie comme un enfant Ă©bahi qui dĂ©couvre la vitesse. 

 

L’hĂŽtel oĂč j’ai sĂ©journĂ©, Dormin Inn, a Ă©tĂ© parfait de tous les points de vus, dont son magnifique onsen et sa situation – juste en face du vieux quartier Bikan.  Ce quartier est fameux pour son atmosphĂšre des temps anciens que libĂšrent les vieux entrepĂŽts Ă  riz kura.  La riviĂšre qui la traverse, bordĂ©e de saules pleureurs, et ses petits bateaux de l’Ă©poque Edo takasebune font Ă©galement son charme.

au bord du chemin
prĂšs d’un cour d’eau limpide
Ă  l’ombre d’un saule
un long moment
je m’arrĂȘte

Basho

J’ai flĂąnĂ© dans les rues, rentrĂ©e dans les boutiques pour admirer les produits locaux rĂ©putĂ©s. Dans l’une d’elle, j’ai Ă©tĂ© marquĂ©e par la beautĂ© et les prix des poteries (plusieurs centaines de milliers d’euros), certainement crĂ©Ă©es par des artisans Ă©levĂ©s au rang de « trĂ©sors nationaux vivants » – dĂ©signation informelle pour des artisans, des artistes et des comĂ©diens (nƍ, bunraku et kabuki) des mĂ©tiers que le gouvernement a choisi comme exemple de la tradition japonaise.

 

Le temps Ă©tant magnifique, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© visiter un seul musĂ©e, celui du folklore local. Fort intĂ©ressant, il y expose des cĂ©ramiques, poteries, objets en bois, en bambou, textiles, des meubles
 le tout d’un raffinement inouĂŻ. Comment ne pas s’extasier devant la perfection dĂ©licate du travail, de la grĂące des objets… !

 

Poterie création locale

Insolite ! Un Monsieur passait sa journĂ©e Ă  nourrir des koĂŻ (carpes symbole de virilitĂ© et d’amour dans la culture japonaise) tout en chassant de son bĂąton un hĂ©ron gourmand.

Ă  chaque souffle du vent
le papillon change de place
sur le saule

Basho